La Chaire Senghor de l’UQO se définit comme un espace de réflexion universitaire sur la Francophonie dans sa dimension internationale. Outre le développement de recherches axées sur la Francophonie dans le développement des communautés à l’échelle internationale, la Chaire de l’UQO entend se spécialiser dans la mobilisation des connaissances et l’offre de tribunes de débat aux échelles régionales, nationales et internationales. C’est dans cet esprit que la Chaire élaborera une programmation où, en plus de la recherche que nous avons précédemment traitée, l’on retrouvera :
Programmation de recherche
Les orientations choisies ont le souci de s’inscrire en convergence et complémentarité avec les orientations thématiques et le dispositif de recherche mis en place, depuis sa création, par l’ARUC-ISDC. La Chaire compte établir un programme de recherche en trois axes que nous résumons ici succinctement.
Axe 1 : Francophonie et politique : penser les politiques publiques du développement
L’époque de l’adhésion inconditionnelle à l’aide au développement est révolue. Au Canada, comme chez les membres du Comité d’aide au développement des pays de l’OCDE, une importante révision des paramètres de l’aide au développement international s’opère. La société civile n’est pas en reste dans cette réflexion sur la finalité et la pertinence de l’aide classique au développement. À sa manière, elle a fait prendre conscience à la communauté internationale que la mondialisation n’était pas forcément un gage de développement pour les pays les plus pauvres et en appelle à l’émergence d’une nouvelle génération de politiques publiques en coopération internationale.
L’axe 1 s’inscrit dans ce contexte de remise en question de cinquante ans de promesses de prospérité pour tous, non tenues envers les pays en voie de développement. Le principal objectif scientifique de l’axe 1 est de générer des travaux de recherche portant sur l’incidence des politiques publiques (qu’elles soient locales, nationales ou internationales) sur le développement des collectivités et plus particulièrement de mettre en lumière les nouvelles pratiques sociales et les innovations institutionnelles qui découlent de la mise en œuvre des politiques publiques en matière de développement. Les professeurs Jean-François Simard, Thibault Martin et Ndiaga Loum seront membres de cet axe.
Axe 2 : Francophonie et économie : penser la création de la richesse en contexte de précarité
Sans renoncer à sa mission culturelle et politique, il y a lieu aujourd’hui de reconnaître que l’un des principaux défis de la Francophonie est de penser le développement de la richesse en contexte de précarité. Comment ne pas se poser cette question, alors que 52 % de la Francophonie est aujourd’hui africaine et que ce pourcentage ira en s’accroissant dans les décennies à venir?
Depuis Hirscham, un grand nombre d’économistes et de sociologues ont démontré que la création de la richesse ne passe pas seulement par la production de biens et de services, mais encore et peut-être surtout par la structuration de nouveaux rapports sociaux, rapports dont la Francophonie, comme espace de préférence, pourrait être le vecteur. La Francophonie regorge de succès (micro et macro) économiques qui méritent d’être partagés, en outre au moyen d’études de cas.
À cet égard, les travaux de Louis Favreau et Abdou Salam Fall, membres de l’ARUC-ISDC, témoignent à quel point les alternatives économiques et sociales, même celles qui sont encore au stade de l’expérimentation, représentent des contributions, quoique partielles, suffisamment significatives pour être prises en compte dans toute stratégie de développement économique, stratégie qui fait encore cruellement défaut à la Francophonie. Louis Favreau, Lucie Fréchette et Martin Robitaille seront membres de cet axe.
Axe 3 : Francophonie et diversité : penser la culture comme fondement du développement
L’Axe 3 entend constituer une équipe d’études et de recherche, dont les travaux auront pour objet l’étude des liens entre la culture et le développement au sein de la francophonie, notamment dans les civilisations africaines. En prenant pour point de départ l’étude de l’œuvre et de la pensée senghorienne, sans oublier les discours contestataires de ses détracteurs, l’équipe examinera les transformations de ces discours et leur impact sur l’évolution des produits culturels francophones contemporains, ainsi que leur place dans les schémas de développement. L’équipe de l’Axe 3 définira un programme de travail dont l’objectif général est de faire de l’UQO, dans le cadre de la Chaire Senghor de la Francophonie, un pôle des activités scientifiques (études et recherches) et culturelles autour de l’œuvre de Senghor. L’équipe sera dirigée par Yao Assogba, professeur au Département de travail social et sciences sociales et comprendra également les professeures Christiane Melançon et Bernadette Kassi du Département d’études langagières.