a) Le Comité régional en économie
sociale du Centre-du-Québec : 1997-1998
Dans la foulée de la Marche des femmes Du Pain et des Roses, le
gouvernement du Québec a créé en 1996 un programme
permettant de soutenir l’économie sociale dans chacune des
régions du Québec. Pour en assurer la gestion, il a mis
en place des Comités régionaux en économie sociale
(CRÉS) dans chaque région. Ceux-ci ont alors dû
développer des critères et des modalités
d’allocation budgétaire pour les projets d’économie
sociale de leur propre région.
Dans la région du Centre-du-Québec, les mesures en
économie sociale ont été mises en place en 1997 au
moment de la création de la région. L’implantation du
CRÉS s’est donc faite une année après les autres
régions, au moment de la phase d’élargissement des
CRÉS dans l’ensemble du Québec. Dès sa mise en
place, le CRÉS du Centre-du-Québec a été
composé de représentants des groupes de femmes, des CDC,
des coopératives, des syndicats et des ministères.
En 1997, les critères d’admissibilité des projets en
économie sociale ont été débattus au sein
du CRÉS. L’un des points de discussion concernait les projets
associés aux axes sectoriels du Chantier de l’économie
sociale. On s’est questionné à savoir si ces projets,
ceux en aide domestique plus particulièrement, étaient
bien des projets d’économie sociale parce qu’il ne s’agissait
pas d’initiatives issues du milieu régional. Mentionnons qu’au
même moment, des débats se tenaient dans la région
autour de la définition de l’économie sociale. Dans un
cas, les divergences au sein du CRÉS se sont soldées par
le départ d’une CDC. Les groupes de femmes et la majorité
des CDC remettaient en effet en question les projets associés
aux axes sectoriels du Chantier qu’elles identifiaient comme de
l’économie sociale étatique. L’aide domestique
était particulièrement visée par ces critiques :
on craignait l’ouverture du panier des services, une substitution
d’emploi ainsi que la création de « cheap labor ».
La réticence des groupes de femmes et du milieu communautaire
à l’égard des entreprises d’aide domestique aurait, selon
certains informateurs-clé, retardé leur implantation.
Elles ont finalement été implantées dans les 5 MRC
de la région. Mais des balises ont été
imposées par les CDC et le CRÉS : aucun service d’aide
à la personne ne devait être fourni (par exemple, faire le
marché, nourrir les personnes) par crainte d’une substitution
aux services fournis par le secteur para-public.
Dès son rattachement au Conseil régional de concertation
et de développement Centre-du-Québec (CRCDC) en 1998, le
CRÉS aviseur a mené des discussions pour que
l’économie sociale soit incluse dans la planification
stratégique régionale, et qu’un plan d’action en
économie sociale soit mis en place. Un volet économie
sociale a donc été inclu dans le plan stratégique
du Centre-du-Québec. Il comporte deux objectifs principaux :
développer une nouvelle approche de développement social
et économique, par la sensibilisation de partenaires
économiques à l’économie sociale et le financement
adéquat pour ce secteur, et le deuxième, contrer la
pauvreté en favorisant la création d’entreprises ou
d’activités d’économie sociale permettant la prise en
charge du milieu, notamment par la création d’emplois de
qualité pour et par le milieu[6]. En 1999, le CRÉS a
cherché à redéfinir sa mission. L’un de ses
rôles a consisté à actualiser le plan triennal
(2002-2005) en économie sociale dans la région.
[6] Comité régional d’économie sociale du
Centre-du-Québec, Planification stratégique régionale en économie sociale, Drummondville, CRÉS
et CRCD, 1998, pp. 9-11.
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