4. Les projets en économie sociale subventionnés sur une base régionale ou locale dans l’Outaouais 1996-2001



Nous avons procédé à une recension téléphonique des projets[17] de la région de l’Outaouais ayant reçu une subvention régionale ou locale en économie sociale entre 1996 et 2001. Pour être retenues, les subventions régionales et locales devaient financer la totalité du projet ou un de ses éléments importants. Les entretiens téléphoniques ont été faits auprès des promoteurs et promotrices de ces projets à partir des listes fournies par des responsables du CRÉS pour la période 1996-98, et par les cinq CLD de la région pour la période 1999-2001. Sur les 79 projets subventionnés en économie sociale dans la région, 53 ont été recensés[18]. Cet écart entre la totalité des projets subventionnés et le nombre de projets recensés s’explique du fait que dans certains cas, l’organisme promoteur a été dissout et/ou la personne responsable n’a pu être rejointe; dans d’autres cas, le projet visé n’avait pas encore été mis sur pied au moment de la recension. Enfin, contrairement à ce que nous avons observé dans d’autres régions, aucun projet du volet « économie sociale » du Fonds de lutte contre la pauvreté n’a été identifié en Outaouais.

Pour les 53 projets recensés, nous avons recueilli des informations sur leur nombre et leurs caractéristiques, les montants octroyés, l’utilisation des subventions, ainsi que les caractéristiques des emplois créés ou consolidés. Des 53 projets recensés, 3 ont été octroyés par le CRÉS et 50 projets ont été financés par les CLD. Chaque organisme s’est fait financer un seul projet.

Nombre et caractéristiques des projets

Pour les périodes étudiées, quinze fois plus de projets ont été financés par les CLD que par le CRÉS (Annexe I).

Rappelons que le CRÉS a octroyé des subventions pendant un peu plus de deux ans (1996-1998) et que notre recension pour cette région couvre aussi les trois premières années des CLD (1999-2001).



La nature des projets a connu une modification importante entre la période pendant laquelle le CRÉS avait la responsabilité de la gestion des mesures en économie sociale et la période au cours de laquelle les CLD ont assumé cette fonction.

À la période des CLD, 15 projets (ou près de 30 % des projets subventionnés) se situent dans les axes sectoriels du Chantier de l’économie sociale : on y compte entre autres 8 Centres de la petite enfance. À la période du CRÉS cependant, aucun projet ne correspond aux axes sectoriels du Chantier et tous sont des projets associés au domaine « femmes ».

Les CLD n’ont financé aucun projet dans ce domaine d’activité. Les CLD ont subventionné d’autres domaines d’activité : loisirs, éducation, et arts et culture, qui représentent respectivement 18%, 14% et 12% des projets financés.



Montant des subventions

Aucun projet octroyé par le CRÉS n’a reçu moins de 20 000 $, alors que c’est le cas de 50 % des projets financés par les CLD. Par ailleurs, 67 % des projets octroyés par le CRÉS ont reçu entre 40 000 $ et 99 999 $, alors que ce fut le cas de 32 % (16 sur 50) des projets financés par les CLD. Le CRÉS a donc été plus généreux que les CLD dans l’octroi des subventions pour les projets en économie sociale, et ceci s’explique certainement par le nombre restreint de projets retenus.



Montage financier

Aucun des projets octroyés par le CRÉS n’a eu recours à un montage financier, alors que ce fut le cas de 84 % des projets financés par les CLD. Les partenaires qui s’associent aux CLD pour le financement sont nombreux et proviennent d’horizons variés, tels le ministère de la Culture, la Société de diversification économique de l’Outaouais, la Table de concertation agro-alimentaire, des municipalités ainsi que des donateurs privés. Pour certains projets, un ministère provincial constitue le bailleur de fonds principal : c’est le cas par exemple du ministère de la Famille et de l’Enfance (pour les CPE), de la Santé et des Services Sociaux ainsi que la Régie régionale (pour l’aide domestique). Certains autres bailleurs de fonds financent uniquement les salaires liés aux projets : c’est le cas d’Emploi-Québec et du Fonds de lutte contre la pauvreté[19]. Certains projets ont nécessité des prêts d’institutions financières.

Tarification

Aucun projet de la période du CRÉS n’a eu recours à la tarification, alors que c’est le cas de 76% des projets financés par les CLD. Rappelons que les CLD de l’Outaouais ont fait de la tarification une condition d’admissibilité au financement en économie sociale.

Finalité du financement

Le financement en économie sociale a été destiné à des opérations très différentes selon la période visée. La totalité des subventions octroyées par le CRÉS a été destinée à la création ou à la consolidation d’emplois.

Le financement des CLD a plutôt été destiné à l’immobilisation, à la construction et à l’achat d’équipement (36 % ou 17,8/50). La création d’emplois et le fonds de roulement représentent la destination de respectivement 26 % et 24 % des subventions accordées par les CLD. Enfin, 14 % (ou 7/50) des subventions accordées ont été destinées au démarrage des projets.



Création et consolidation d’emplois

Tous les organismes promoteurs dont les projets ont été financés pendant la période du CRÉS ont créé ou consolidé des emplois directement (3 emplois dans les 3 organismes promoteurs). À la période des CLD, moins de la moitié des organismes ayant reçu une subvention ont créé ou consolidé des emplois. En effet, parmi les 50 organismes financés par les CLD, 22 ont créé ou consolidé 39 emplois, ce qui représente un ratio de 0,4 emploi par organisme subventionné (39 emplois par 50 organismes subventionnés).

Quelle que soit la période de financement, les organismes promoteurs de projets se situant en dehors des axes sectoriels du Chantier de l’économie sociale demeurent les principaux créateurs ou consolidateurs d’emplois. Les emplois de la période des CLD ont été créés ou consolidés en arts et culture, en éducation, en défense de droits, et en loisirs. À la période du CRÉS, les emplois ont tous été créés dans le domaine « femmes ».

Qui, des femmes ou des hommes, occupent ces emplois créés ou consolidés au cours des deux périodes de financement ? À la période du CRÉS, nous l’avons mentionné plus haut, les emplois créés ou consolidés ont tous été occupés par des femmes. À la période des CLD, les hommes sont un peu plus nombreux (54 %) à occuper un de ces emplois.

Tableau 1
Région de l’Outaouais (1996-2001)
Subventions locales et régionales en économie sociale
    Emplois créés et consolidés selon le sexe
(CRÉS et CLD)


 

CRÉS
  (1996-1998)

CLD
   (1999-2001)

 TOTAL

Femmes

3

18

21

Hommes

0

21

21

Total

3

39

42

Total des organismes créateurs\consolidateurs

3

22

25

© Côté 2005



Les emplois créés ou consolidés pendant les deux périodes de financement sont dans la plupart des cas des emplois à temps plein. La proportion d’emplois à temps plein est en effet de 100 % pour les projets octroyés par le CRÉS et de 90 % (35 emplois sur 39) pour les projets financés par les CLD.

Tableau 2
Région de l’Outaouais (1996-2001)
Subventions locales et régionales en économie sociale
Emplois créés ou consolidés à temps plein et à temps partiel
    (CRÉS et CLD)


 

CRÉS
(1996-1998)

CLD
(1999-2001)

TOTAL

Emplois temps plein

3

35

38

Emplois temps partiel

0

4

4

Total

3

39

42

© Côté 2005



Le taux horaire des employés embauchés à même ces subventions connaît cependant une diminution entre les deux périodes de financement, passant de 14.67 $ à 12.35 $ de l’heure. Le taux horaire des emplois occupés par des femmes est légèrement supérieur à celui des hommes (12,64 $ et 12,06$ respectivement).



Formation offerte aux employés

Les organismes promoteurs ont investi dans la formation de leurs employés aux deux périodes de financement, mais à des degrés divers. Ainsi, à la période du CRÉS, 67 % des organismes promoteurs de projets (2 projets sur 3) créateurs ou consolidateurs d’emplois ont offert de la formation à leurs employés. Ce n’est le cas que de 45 % des organismes promoteurs (10 projets sur 22) créateurs ou consolidateurs d’emplois à la période des CLD.


[17] Le terme « projet » désigne ce qui a été financé par la subvention locale ou régionale en économie sociale. Plus précisément, le terme « projet » désigne un projet particulier, lié ou non à la mission habituelle de l’organisme, et mis sur pied à l’aide de la subvention en économie sociale.
[18] L’expression « projets recensés » désigne les projets pour lesquels des informations ont été recueillies lors d’une entrevue téléphonique avec la promotrice ou le promoteur du projet.
[19] Il s’agit ici d’un financement du Fonds de lutte contre la pauvreté qui n’est pas relié au volet de l’économie sociale.










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