1. La région de la Gaspésie et des
Îles-de-la-Madeleine 
Située à l’extrémité est du Québec,
la région Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine, se compose
de deux entités géographiques : la péninsule
gaspésienne et l’archipel des Îles-de-la-Madeleine, et
comprend 43 municipalités et 6 municipalités
régionales de comté (MRC). La majorité de la
population habite le long du littoral. Près de 80 % de la
population vit dans une municipalité de moins de 5 000
personnes. Gaspé et Sainte-Anne-des-Monts sont les villes les
plus populeuses de la région, qui compte aussi deux
réserves amérindiennes (Listuguj et Gespapegiag) ainsi
que trois communautés micmac (MDEIE, 2005; CSF, 2004).
Au cours des dernières années, cette région a
connu la plus forte chute démographique du Québec. Entre
1996 et 2001 sa population a en effet décru de 7,8 % passant de
106 800 à 96 930 habitants. À titre comparatif, pour la
même période la population du Québec a
augmenté de 2,5 %. En 2001, la
population de la région était plus âgée que
celle de l’ensemble du Québec : 15,7 % de personne
âgées de 65 ans et plus habitent ce territoire (13,3 %
pour l’ensemble du Québec). Les jeunes de 0 à 14 ans sont
par contre moins nombreux (16,4 % comparativement à 17,8 % pour
l’ensemble du Québec) et le nombre de familles a connu la chute
la plus importante du Québec (MDEIE, 2005; CSF, 2004).
L’économie de la région s’appuie sur l’exploitation et la
transformation primaire et secondaire des ressources naturelles :
pêche, forêts, mines et agriculture. L’activité
touristique y contribue également de façon importante. La
fluctuation saisonnière de plusieurs de ces activités
fragilise aussi sa situation économique (CSF, 2004). De nouveaux
domaines d’activités économiques se développent
par contre et suscitent beaucoup d’espoir : les biotechnologies
marines, le récréotourisme santé/nature et
l’énergie éolienne. À cela s’ajoute la mise en
place d’infrastructures de télécommunications par fibres
optiques qui relieront toute la région (MDEIE, 2005).
À l’instar du reste du Québec (74 %), une grande partie
de la population active de la région (76 %) détient un
emploi dans le secteur tertiaire, mais la Gaspésie et les
Îles-de-la-Madeleine se distinguent par la proportion
élevée d’emplois dans le secteur primaire (10 % contre 3
% pour l’ensemble du Québec). Au cours des dernières
années, la région a été fortement
touchée par des pertes d’emplois massives, liées
notamment aux difficultés de la papetière Gaspésia
à Chandler et des Mines Gaspé à Murdochville. Les
rationalisations budgétaires des secteurs publics et parapublics
ont également grandement affecté la situation de l’emploi
dans la région. Soulignons que le taux de chômage
continuait à s’accroître pour atteindre un niveau de 21,1
% en 2001 (MDEIE, 2005).
Depuis plusieurs années, la situation de l’emploi pour les
femmes de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine est
précaire. Entre 1996 et 2001, le taux d’activité des
femmes de la région n’a augmenté que de 0,8 points,
comparativement à 3,1 points pour les Québécoises.
En 2001, les femmes de la région avaient un taux
d’activité de 49 % (57,7 % pour les Québécoises).
De plus, les femmes de la région occupent moins d’emplois
saisonniers que les hommes, et occupent deux fois plus souvent qu’eux
des emplois à temps partiel (23,8 % pour les femmes et 11,6 %
pour les hommes). Les domaines de l’enseignement, de la santé et
des services sociaux, fortement investis par des femmes, ont
été très touchés par les baisses d’emplois.
En 2001 le revenu moyen des femmes de la région était
inférieur à celui des hommes (18 621 $ et 26 330 $
respectivement) et inférieur à celui des femmes de
l’ensemble du Québec (18 621 $ et 23 282 $ respectivement). La
précarité économique des Gaspésiennes et
Madeliniennes s’illustre également par leur
sureprésentation à titre de prestataires de la
Sécurité du revenu : elles constituent en effet 1,9 % des
femmes prestataires du Québec, alors que leur poids
démographique n’est que de 1,3 % (CSF, 2004).
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