Initiatives socio-économiques des communautés : Afrique


Nathalie McSween et Louis Favreau (2008). La contribution du commerce équitable au Burkina Faso: l'apport des organisations de type coopératif. Cahiers de l'ARUC-Développement territorial et coopération, Série Études, numéro 2, 26 pages.


Introduction

Le commerce équitable est une pratique commerciale alternative qui s’est développée en réaction à un marché international considéré structurellement défavorable aux pays du Sud. Les militants du commerce équitable considèrent ainsi que les petits producteurs des pays dits en développement sont les grands perdants du système commercial international existant : ils sont en situation de dépendance par rapport aux fluctuations des marchés agricoles internationaux; ils ne sont pas assurés de pouvoir vendre leur production d’année en année et vivent donc une grande insécurité et instabilité financières; la part des profits provenant des échanges qui leur revient est minime, notamment en raison des nombreux intermédiaires desquels ils sont dépendants pour écouler leurs produits et qui s’accaparent généralement une marge importante de ces profits; ils ont peu accès aux réseaux formels de crédit et doivent donc souvent emprunter par le biais de réseaux informels – à des taux d’intérêts souvent usuriers – pour financer leur production (Barrat Brown & Adam, 1999). Il est intéressant de noter qu’on peut aisément reconnaître ici certains des constats les plus importants qui ont été et sont au coeur de la justification autour de la création de la plupart des organisations coopératives dans le monde (Favreau, 2008).


Le commerce équitable cherche à remédier à ces problèmes par le biais de programmes d’éducation à la consommation responsable et solidaire dans les pays développés et en appelant à des changements dans le système commercial international. Le commerce équitable cherche aussi à remédier à ces problèmes en créant un circuit commercial alternatif permettant aux petits producteurs des pays en développement d’écouler leurs produits sur des marchés alternatifs dans les pays développés. Ce circuit commercial alternatif est fondé sur sept principes centraux :


� Une relation plus directe entre les producteurs et les consommateurs qui permet, par le biais de la récupération de la marge de profit des intermédiaires, d’offrir une meilleure marge de profit aux producteurs ;


�Une fixation des prix qui ne prend pas pour base les prix des marchés internationaux, mais les « coûts réels » de production. On demande alors souvent – mais pas toujours – aux consommateurs des pays développés d’accepter de payer un prix plus élevé pour ces produits en raison de la valeur sociale ajoutée. C’est la consommation responsable et solidaire ;


�Des relations commerciales de longue durée entre les organisations de producteurs et des organisations de commerce équitable (OCÉ) qui assurent une certaine stabilité des revenus et donc une certaine sécurité financière aux producteurs ;


�Un préfinancement de la production (environ 50-60% du montant total) visant à réduire le recours au crédit usuraire par les producteurs ; La contribution du commerce équitable au Burkina Faso : l’apport des organisations de type coopératif ARUC-Développement territorial et coopération


�La promotion de méthodes de production favorisant un développement durable ;


� Le soutien à des organisations démocratiques et transparentes, le plus souvent des coopératives ou des associations de type coopératif, afin de soutenir l’autonomie et la solidarité ;


�Le paiement d’une prime de développement, par-delà le prix équitable, pour soutenir des projets collectifs décidés démocratiquement par les membres des organisations partenaires.

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