Initiatives socioéconomiques des communautés : Amériques
Machado Carrion, R., L. Carleial, A. Carvalho Neto, P. de Almeida Costa et M.B. Rocha Cardoso (2004). Initiatives économiques populaires et lutte contre l'exclusion au Brésil. Chaire de recherche du Canada en développement des collectivités, Série Conparaisons internationales, numéro 16, Université du Québec en Outaouais, 22 p.
Introduction
Au cours des années 80, le Brésil a été marqué par l’ouverture économique, la lourdeur fiscale, la nécessité d’améliorer les conditions de compétitivité, l’importante restructuration des grandes et moyennes entreprises et par le processus de privatisation des entreprises publiques. Résultats : hausse du taux de chômage, précarité et diminution de l’emploi.
Par la suite, la situation s’aggrave. En 2003, le taux de chômage atteint 13% et même 20% dans plusieurs régions métropolitaines. Parallèlement, le nombre de pauvres urbains augmente alors qu’ils représentaient déjà 33 % de la population urbaine en 1999. En fait, le Brésil est le pays d’Amérique latine ayant la plus grande concentration de personnes pauvres vivant dans des centres urbains. Pour compléter ce portrait résultat de la crise fordiste, mentionnons que les disparités entre les revenus de la population ne cesse de croître même si le Brésil est déjà considéré comme l’un des pays ayant les plus grands écarts au monde.
Cette situation n’a pas épargné les “îles périphériques du fordisme ”, comme la région de l'ABC paulista, où les métallurgistes ont perdu près de 40 % des emplois en 18 ans et les chimistes 30 % en cinq ans. Même si le secteur des services au Brésil a connu une croissance, les emplois créés sont majoritairement associés aux services personnels, à la construction civile et, à moindre échelle, à la création d’emplois autonomes, ou associés aux petites et moyennes entreprises, qui utilisent les technologies les moins avancées et requièrent moins de compétences (Kon, 1997).
En 1999, au Brésil, seuls 37% de la population économiquement active possède des contrats de travail formels. Les autres, soit 50 millions de brésiliens, travaillent dans le secteur informel. Malgré cette prédominance, 90 % du PIB du pays provient des 8 000 entreprises privées et organisations publiques du secteur formel.
Pour faire face à ce portrait de misère et d’appauvrissement, les pouvoirs publics ont mis en place et ont proposé un ensemble de politiques publiques alternatives de création d’emploi et de revenu. Les principales sont présentées succinctement dans la première partie de cet article. Ce qui nous amènera a aborder, dans la seconde partie, les principaux piliers du mouvement d’économie populaire et solidaire au Brésil et les principales politiques publiques en la matière. Finalement, en dernier lieu, nous présenterons trois cas qui reflètent bien la dynamique de l’économie populaire au Brésil.
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