Résumé
La malnutrition a frappé dans plusieurs familles en milieu péri-urbain après les pillages causés par les émeutes des années 1990. A Kinshasa, la générosité des organisations locales et humanitaires a permis de distribuer des aliments aux nécessiteux et d'impulser les actions agricoles pérennes afin de permettre aux sinistrés de se prendre en charge et de compter sur leurs efforts. Ainsi , les actions de coopération décentralisée en situation d'urgence entre les bailleurs de fonds internationaux et les ONG locales dans le cadre du programme de lutte contre la malnutrition ont permis à des familles jugées pauvres, selon les critères du revenu et de la santé, de se nourrir, de diversifier leur régime alimentaire et même de payer la scolarité des enfants grâce à un petit revenu dégagé par la vente du surplus. Ce texte analysera le volet développement en agriculture urbaine de ce programme qui vise à combattre la malnutrition en valorisant les ressources légumières délaissées dans la production alimentaire et à lancer les noyaux des pré-coopératives.
Mots-clés : République démocratique du Congo ; Kinshasa ; Milieu péri-urbain ; malnutrition ; développement ; agriculture urbaine ; sécurité alimentaire ; coopération ; solidarité ; communauté d'appartenance ; ONG ; pré-coopératives ; micro-crédit ; métayage.
Introduction
Après les émeutes de 1991 et celles de 1993, qui ont embrasé des centaines de services publics et privés, la population péri-urbaine était affamée par quelques périodes successives de disette. Les parents des sinistrés, les communautés locales (quartiers, églises, sectes religieuses, associations des ressortissants de?, etc.) ont répondu à la crise dans un élan de solidarité et de générosité pour aider les victimes des magasins pillés, des services incendiés et celles des licenciements massifs à la suite de la destruction du tissu économique local par ces événements. Pendant ce temps, la malnutrition a fait son apparition dans des familles pauvres à la périphérie de la ville de Kinshasa. La générosité des organisations d'aide humanitaire (PAM, UNICEF, MSF, etc.), même si elle a été lente, a permis d'alimenter des victimes concentrées dans l'espace péri-urbain de la ville. L'UNICEF finançait les soins médicaux de ces victimes ; le PAM leur distribuait des aliments secs et des boîtes de conserve L'Union européenne a pris, ensuite, le relais. Dans certains cas, ces distributions d'aliments ont aggravé quelques cas de malnutrition. Elles étaient aussi ruineuses par rapport aux alternatives existantes.
Pour tenter de relever ce défi, un groupe de chercheurs réunis au sein de l'ONG JEEP a proposé à ces organisations humanitaires d'ouvrir un volet « développement » dans le programme de lutte contre la malnutrition protéino-énergétique , parallèlement à la distribution gratuite des denrées alimentaires. Ce volet financé par l'Union européenne consistait à apprendre à ces victimes à se prendre en charge en faisant des cultures maraîchères, du petit élevage et de l'arboriculture. Les produits récoltés de ces activités pérennes étaient utilisés pour couvrir les besoins essentiels comme les dépenses de la vie quotidienne ; notamment, la nourriture équilibrée, les soins de santé et la scolarisation des enfants.
L'objet de ce texte de recherche est d'étudier les activités menées dans le cadre de l'exécution de ce volet et leurs impacts socioéconomiques. La question principale à laquelle ce texte s'efforcera de répondre est la suivante : comment le volet « développement » du projet ciblé de lutte contre la malnutrition à Kinshasa a-t-il permis aux familles dont les enfants étaient mal nourris d'acquérir la capacité à auto-produire de façon durable en agriculture urbaine et à soigner ces enfants en période de crise aiguë de 1996 à 2000 ? Deuxièmement : quels étaient les objectifs de ce volet « développement » et quels ont été les résultats obtenus ?
Comme déjà annoncé, notre projet dans ce travail consiste à montrer l'intérêt de ce type de volet dans une action humanitaire. Sur cette base, notre hypothèse de recherche est que le développement est un processus d'expansion des activités productives pérennes en agriculture et en élevage dans des familles impliquées dans ce volet, et que le microcrédit est un atout.
Le présent texte est structuré autour des points suivants : problématique, méthodologie, cadre d'analyse, analyse des résultats obtenus et conclusions .
Elle est enregistrée à l'hôtel de ville et a reçu une autorisation de fonctionnement du ministère de la Justice.
Ce volet fut d'abord financé par le Programme Alimentaire Mondial (PAM); puis, par l'Union européenne et d'autres ONG .
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