La CDR Outaouais - Laurentides, créée en 1974, fut la première coopérative de ce genre au Québec (on en compte maintenant 11 dans la province). Le principe à l'origine de cette création, fut la volonté des coopératives existantes, au sein de ce territoire, de se regrouper afin de coopérer entre elles et de favoriser la création de nouvelles coopératives. La CDR est donc une coopérative à part entière qui offre ses services aux coopératives membres du groupement. La CDR est ainsi un outil au service des coopératives et fait le lien entre elles. Il faut rappeler qu'au Québec les coopératives sont regroupées en fédérations (27) selon les secteurs d'activité. La CDR est la seule coopérative a être non sectorielle, mais plutôt trans-sectorielle. Il appartient à chaque coopérative de décider si elle veut ou non être membre de la CDR.
La CDR s'est fixée trois objectifs principaux. D'abord, favoriser la coopération entre toutes les coopératives des différents secteurs en Outaouais et dans les Laurentides (inter coopération). Deuxièmement, appuyer la création de nouvelles coopératives, la consolidation et l'expansion des coopératives existantes. Troisièmement, la CDR désire promouvoir la sensibilisation et l'information du public afin de favoriser la promotion du secteur coopératif.
Dans la poursuite de ses trois objectifs, elle œuvre selon cinq axes :
1) en tant qu'agent de concertation, la CDR organise des soirées de consultation;
2) en tant qu'agent de développement, elle apporte une aide technique aux entrepreneurs;
3) en tant qu'agent de promotion coopérative et économique, elle publie des reportages sur les coopératives à succès;
4) en tant qu'éducateur coopératif, elle organise des mini colloques, des séminaires…;
5) en tant, qu'intervenant économique régional, elle s'implique directement dans des dossiers économiques d'envergure régionale.
Environ 80% du travail de la CDR consiste à accompagner les projets de création de nouvelles coopératives. Elle aide effectivement les futurs coopérateurs à rechercher des informations, des partenaires, identifier leurs besoins…
Juridiquement, la CDR est une association volontaire autonome de coopératives. Elle a le statut de coopérative mais elle n'est pas une fédération (c'est à dire un regroupement de coopératives d'un même secteur). Elle se compose de 95 membres (des coopératives ayant délibérément décidé d'adhérer, et versant à ce titre une cotisation. Celles-ci siègent à l'assemblée générale, laquelle élie le conseil d'administration composé de 13 personnes. Chaque siège représente un collège électoral (d'habitation, de producteurs, de consommateurs, de solidarité ou d'épargne et de crédit). Le CA est chargé de mettre en application les volontés de l'assemblée générale, d'élire un comité exécutif et de nommer un directeur général. Ce dernier choisit ensuite l'équipe de travail de la CDR.
Du point de vue financier, la CDR a négocié un protocole d'entente avec le CCQ (Conseil de la Coopération du Québec), avec sa fédération, ainsi qu'avec le Ministère de l'Industrie et du Commerce (MIC) (dans lequel il existe une direction des coopératives). Elle bénéficie de trois sources de financement : 1) 54 000 $ de base par le MIC; 2) des " frais partagés " pour toute activité d'inter coopération, d'animation..., ce qui signifie que dès qu'une CDR reçoit 1$ en contrat d'un tiers pour une telle activité, le MIC verse à son tour une somme identique; 3) enfin, la plus grosse part du financement des CDR consiste en une enveloppe versée par le MIC pour toute création de nouvelles coopératives : la CDR reçoit ainsi 3 000 $ pour la création d'une coopérative, 2 200 $ pour tout emploi créé, et 600 $ par emploi maintenu. De plus, certains services de la CDR sont payants et elle reçoit des subventions supplémentaires dans le cadre de projets comme les CJS (Coopératives jeunesse de service). À la différences des coopératives du Québec qui sont autonomes financièrement, les CDR sont des entreprises de services créées avec la complicité du gouvernement.