La modernisation des grandes entreprises, notamment dans la partie sud-ouest de Montréal, a entraîné une réduction substantielle et durable de l'emploi dans le secteur secondaire. Les pouvoirs publics cherchent des réponses au problème de l'emploi qui devient de plus en plus massif. Les mouvements sociaux remettent en question leurs stratégies d'intervention. Les communautés locales se sentent menacées par l'appauvrissement. La crise économique affecte particulièrement les jeunes qui sont incapables de s'insérer dans le marché du travail. Les jeunes vivant sous le seuil de la pauvreté sont sur-représentés (Gauthier et Roberge, 1996: 157). Au cours de la dernière décennie, il y a une persistance de cette situation chez les jeunes et peu d'amélioration. Les jeunes sont de plus en plus pauvres et ont des emplois de plus en plus précaires. "L'économie est devenue une machine à exclure et la croissance économique ne crée plus suffisamment d'emplois pour assurer un certain équilibre" (Klein, Lévesque, 1996: 155).
La nouvelle économie sociale et le développement économique communautaire font partie des réponses à cette question. La décennie 1990 a vu le développement de services communautaires d'employabilité, des entreprises d'insertion et des organisations de développement économique communautaire se déployer pour faire face au déclin des économies locales et au chômage des jeunes et des moins jeunes. Les valeurs privilégiées vont dans le sens de la revitalisation économique et sociale des communauté locales et de l'insertion. "L'insertion par l'économique désigne un champ visant des objectifs de démocratisation, de cohésion sociale et de bien-être des personnes, à l'aide d'activités entrepreneuriales et collectives utiles pour la communauté" (Comeau 1997: 11). La coopérative Bon Ménage-Plus dans le sud-ouest de Montréal fait partie de cette dynamique. Elle est composée de jeunes qui étaient jusque là exclus du marché du travail.