Depuis le début des années 1980, les entreprises du secteur de l'économie sociale se multiplient, que ce soit du cote des coopératives de travail, des entreprises d'employabilité, des entreprises d 'insertion ou des entreprises de défense des droits. On peut d'ailleurs constater au Quebec comme dans d'autres pays occidentaux (Laville, 1994) un mouvement en faveur de nouvelles formes d 'organisation sociale pour produire et distribuer les biens et services. Les entreprises d 'économie sociale sont des entreprises a vocation sociale et au fonctionnement démocratique, orientées vers une finalité de service aux membres ou a la clientèle qu'elles desservent. Ses fins distinguent nettement I 'entreprise de l'économie sociale de l'entreprise privée ou publique. Mais qu'en est-il de ses rapports avec ses employés salaries? Ces différences marquées au niveau des finalités contribuent-elles a créer de nouveaux rapports de travail ? Qu'en est-il des tensions découlant de la relation d 'emploi: existent-elles a un moindre degré, portent-elles sur les mêmes enjeux ? Cet article vise a apporter des éléments de réponse a ces questions. Après avoir précise les concepts sur lesquels portent la recherche et situe leur cadre d 'analyse ainsi que les hypothèses qui en découlent, nous présentons les résultats d'une étude de terrain portant sur six entreprises de l'économie sociale et comprenant des données recueillies auprès de gestionnaires et de salaries de ces entreprises. Quoiqu'elle doit être considérée comme exploratoire, notre étude de terrain fait ressortir chez les six entreprises des rapports de travail relativement démocratique et un degré assez élevé de satisfaction des salaries a I 'égard de leur emploi. En dernière partie, comme éléments de discussion, nous posons certaines questions soulevées par cette recherche.