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Chapitre I : Coopératives et entreprises sociales : comment se retrouver dans l'univers des entreprises collectives ?
Un guide d'introduction
Au Québec, un nouvel essor de l'économie sociale s'est amorcé au cours de la dernière décennie dans la foulée du Sommet sur l'économie et l'emploi du gouvernement du Québec en 1996 : le renouveau coopératif au Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) notamment avec le renforcement des coopératives de développement régional et l'arrivée des coopératives de solidarité de même qu'avec le tournant d'une partie du mouvement communautaire (OBNL) qui prend le virage économique avec le Chantier de l'économie sociale. Dans cette foulée, un bon nombre de recherches, de sites, d'ouvrages, d'articles, de programmes de formation et d'outils ont alors émergé pour informer, former, soutenir et appuyer ce secteur. Un premier inventaire des outils de recherche et de formation de cet ensemble s'imposait.
En effet, aussi surprenant que cela puisse paraître, il n'existe pas d'inventaire un tant soit peu systématique sur le sujet. Pourtant, il va sans dire que la mise en place de nouvelles stratégies pour soutenir les entreprises collectives nécessite préalablement une certaine connaissance d'ensemble de ce qui se fait déjà au Québec à ce propos.
Nombreux sont ceux, en effet, qui dans les nouvelles générations ou dans certains milieux ne connaissent que la pointe visible de l'économie sociale. Lorsqu'ils veulent s'orienter dans cet univers, comment s'y retrouver ? C'est à partir de cette question que nous avons conçu ce guide d'introduction aux outils de recherche et de formation aux entreprises collectives et au développement des communautés en prenant cinq entrées :
Des ouvrages en français portant sur les entreprises collectives (les coopératives et les entreprises sociales) : plus de 70 titres incontournables des dix dernières années, c'est-à-dire des livres principalement mais aussi des articles, des cahiers de recherche, des numéros de revues ou des mensuels de référence en économie sociale et en développement local. Ces ouvrages sont présentés sous la forme de fiche référence qui viennent répondre aux questions suivantes : Quels sont les thèmes abordés ? À qui sont-ils destinés ? Quelle contribution apportent-ils à la connaissance dans le domaine de l'économie sociale ? Quels commentaires critiques peut-on en faire ?
Des centres de recherche : une vingtaine, principalement au Québec mais aussi au Canada anglais et en Europe. Quels sont-ils et quelles sont leurs spécificités ? Le lecteur aura ainsi un portrait d'ensemble de la recherche dans le domaine au Québec mais également des informations détaillées sur chacun des centres à partir de fiches synthèses qui présentent les principaux thèmes et activités ainsi qu'une description des sites Internet car, c'est souvent par ces derniers, que l'information est véhiculée.
Des réseaux de soutien aux entreprises collectives : cinq principaux auxquels s'ajoutent les organismes de soutien à l'entrepreneuriat et de financement de l'économie sociale, les ministères et programmes gouvernementaux provinciaux et fédéraux concernés par l'économie sociale ainsi que quelques-unes des organisations qui oeuvrent à l'échelle internationale dans ce domaine. Le lecteur aura ainsi un portrait d'ensemble des principaux réseautages dans le domaine.
Des programmes de formation en économie sociale dans les universités québécoises (disciplines diverses soit les sciences sociales, le travail social, les sciences de la gestion, le développement régional) et la formation spécialisée donnée dans quelques grandes organisations. On y présente un portrait d'ensemble des formations ainsi que des fiches synthèses pour les principales formations afin d'orienter le lecteur selon ses besoins.
Des outils créés par les organisations de développement (CDC, CDÉC, CLD, SADC, CRÉ, etc.). Ces organisations ont-elles développé des outils pour accompagner l'économie sociale ? Si oui, quels sont ces outils spécifiques ? À quelles fins ont-elles été mises en place ? C'est ce que nous avons voulu vérifier à l'aide d'une enquête exploratoire, que nous vous présentons dans cette partie, qui identifie et décris ces outils (trousses, formations, outils d'évaluation et portraits, plans d'affaires, activités de concertation, etc.) afin de dresser un premier portrait de la situation.
La recension de cet ensemble d'ouvrages, de programmes de formation, de sites et de centres de recherche n'a pas la prétention à l'exhaustivité. Elle vise à guider les personnes intéressées par ce domaine à s'y introduire en facilitant leur démarche de recherche. Nos critères de sélection ont été : accessibilité; pertinence ; contribution à la connaissance. Peu d'ouvrages ou de programmes ou de sites ou de centres répondent à l'ensemble des critères. Certains sont fort consistants mais peu accessibles. D'autres très accessibles mais aussi très pointus, etc. En plongeant dans cette aventure, l'équipe de travail de ce guide a cependant pu obtenir un portrait général qui se tient et qui pouvait être organisé de manière à devenir un outil de référence pour les dirigeants d'entreprises collectives (les coopératives et les associations engagées dans des activités économiques), pour les promoteurs dans ce secteur comme les CDR, CDÉC, CDC, CLD et SADC qui évoluent dans le premier périmètre de l'économie sociale sans compter les départements de planification urbaine des municipalités, les conseillers de certains ministères des gouvernements centraux, etc. De même, ce guide sera également pertinent pour les étudiants de certaines disciplines appelés à travailler directement ou indirectement avec des projets ou des entreprises collectives (étudiants en organisation communautaire, en développement régional, en gestion…).
Chaque outil est présenté et détaillé sous forme de fiche descriptive que nous avons créée à cette fin. Les données recueillies reposent sur une recherche documentaire par l'entremise des bibliothèques, d'Internet et des programmes de formation et sur la somme de connaissances acquises sur ces questions à la CRDC pendant les 10 dernières années. Par contre, la recension des outils développés par les organisations de développement a nécessité de prendre contact avec ces dernières .
Dans cette recension des outils, qui couvre pour l'essentiel la décennie qui va de 1996 à aujourd'hui, un certain classement , notamment en identifiant les incontournables , est effectué ainsi qu'un classement par principaux thèmes . De plus, même si dans ce projet le territoire à l'étude est le Québec, pour certaines catégories d'outils, notamment les ouvrages, notre démarche s'étend à la francophonie afin d'identifier les références majeures qui sont susceptibles d'intéresser les acteurs d'ici.
Pour certaines parties, nous évaluons également les outils en identifiant leurs points forts et leurs points faibles . Ce qui contribuera à identifier les lacunes dans ce domaine au Québec de même que les outils innovateurs. Car nous voulons mettre à la disposition du lectorat de ce guide d'introduction un outil permettant d'apprécier sa diversité, ses valeurs et son dynamisme au moment même où le défi de la mondialisation devient central sans pour autant escamoter ses limites : la démocratie dans ces organisations, la concurrence entre elles, les intérêts professionnels derrière les plus belles causes sociales…
Dans cette démarche, la diffusion occupe une place de choix notamment à partir de l'Observatoire en organisation communautaire, économie sociale et développement régional de la CRDC, du CERIS, du CRDT et de l'ARUC-ISDC de l'Université du Québec en Outaouais (www.uqo.ca/observer) qui permet de consulter en ligne les résultats de ce travail de recension. Mais auparavant convenons d'introduire le sujet : lorsque nous parlons d'économie sociale, de quoi parle-t-on au juste ?
Pour comprendre la nature de l'économie sociale québécoise… et ce répertoire… il faut se donner quelques repères de base indépendamment des acteurs eux-mêmes dont certains sont enclins à grossir le trait et à ne jurer que par elle. Ce répertoire ne prend pas de lunettes roses qui nous feraient dire que l'économie sociale c'est l'avenir, qu'elle progresse sans cesse depuis 10 ans, etc. Nous n'affichons pas de position de stricte neutralité. Nous avons quelques préférences mais surtout un regard critique tout à la fois « solidaire » et « lucide ». La critique bien fondée n'entretient pas les illusions et permet de voir plus clair pour bâtir des stratégies d'intervention plus justes et plus démocratiques pour l'avenir des choses.
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