No 12 SIMARD, Hélène, VÉZINA, Martine (2009) Le mouvement coopératif québécois : de l'innovation de processus à l'innovation coopérative : vers une rente inter coopérative – ISBN : 978-2-89251-379-0, 19 pages.
Prix 4 $
Introduction
Cette communication vise à décrire et à analyser le processus par lequel le mouvement coopératif québécois s’est doté d’un plan d’ensemble permettant de relever certains défis contemporains auxquels fait face la société québécoise. Selon Mintzberg (1999), au-delà du plan d’action à long terme que permet de définir une planification stratégique, celle-ci joue autant, sinon davantage, un rôle de rapprochement et de mobilisation des acteurs y participant. C’est donc à la fois sous l’angle des objectifs et des résultats concrets atteints que des transformations dans la dynamique inter réseaux coopératifs que nous souhaitons analyser les résultats de cet important processus ayant mobilisé divers regroupements sectoriels et territoriaux de coopératives.
Cette analyse s’inscrit dans le cadre des travaux portant sur les relations inter organisationnelles, en analyse des organisations. Ceux-ci cherchent notamment à établir les conditions d’un partenariat réussi de même que les outputs qu’en retirent les organisations participantes ainsi que l’impact sur la dynamique partenariale elle-même.
Nous souhaitons, par cette contribution, réfléchir aux conditions qui ont mené un regroupement coopératif hétérogène fortement décentralisé (loosely coupled) à passer d’un rôle de concertation relativement passif, à celui de catalyseur d’innovations sociales. Ce premier plan de développement du mouvement coopératif tirant maintenant à sa fin, nous sommes en mesure de faire état de l’atteinte des objectifs. Plus que cela toutefois, nous souhaitons mettre en évidence les apprentissages faits, tant en terme de dynamique partenariale que ceux réalisés bénéfice des réseaux coopératifs eux-mêmes. Ces apprentissages ont favorisé le développement d’un capital relationnel prenant la forme d’une confiance mutuelle accrue susceptibles de susciter une collaboration encore plus étroite entre les partenaires. Nous soutenons enfin que ce processus a permis au mouvement coopératif québécois de faire les premiers pas vers le développement d’une rente inter relationnelle générant des avantages aux seuls acteurs participants au réseau.
Dans la première partie de ce texte, nous présentons quelques éléments de théorie sur les relations inter organisationnelles. La seconde partie permet de dresser un bref portrait du mouvement coopératif québécois, de son histoire et du contexte qui prévaut au moment du démarrage du processus devant mener au développement du plan stratégique. Nous décrivons ensuite le contenu du plan d’ensemble de même que les principales réalisations. Enfin, nous analysons ce processus de même que ses réalisations sous l’angle des apprentissages faits par le mouvement et les réseaux coopératifs, du capital relationnel qui s’est ainsi créé entre les partenaires qui pourraient collectivement dégager une rente inter coopérative de leur participation active à ce réseau.
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