Comeau, Yvan (dir.) (2009). Intervention et développement des communautés : enjeux, défis et pratiques novatrices. Actes du colloque tenu dans le cadre du 76e congrès de l’ACFAS Cahier de l'ARUC-ISDC co-édition du CRIDÈS et de l'ARUC-DTC, Série Recherche, no. 24, Université du Québec en Outaouais, 125 pages.
« Le local n’est pas un bocal », disait un jour un intervenant français lors d’un colloque international. Comme dans bien des sociétés du Nord et du Sud, les régions du Québec sont soumises à des influences dont les origines dépassent le continent et à des courants d’idées inédits que fait naître la nécessité. Ainsi, on assiste à des phénomènes de délocalisation d’activités économiques dans des secteurs où l’on se croyait en tête de file, comme l’industrie forestière. De nombreuses communautés rurales et urbaines se retrouvent en mal de développement social : smog envahissant, marchandisation de la santé, nouvelle pauvreté résultant du surendettement des ménages, morosité conduisant au découragement, perte de la souveraineté alimentaire... À n’en pas douter, les communautés changent et la réflexion sur leur développement ne peut que se renouveler.
En même temps, les régions connaissent une nouvelle dynamique de localisation et de territorialisation des politiques publiques. Que l’on pense aux perspectives d’approches territoriales intégrées mises de l’avant par Emploi-Québec, aux projets cliniques territoriaux du MSSS ou à l’élaboration de politiques de développement social et communautaire par les municipalités. On assiste également à une relocalisation de certaines activités autour de l’agriculture biologique, des énergies renouvelables, de l’achat local, de coopératives de multiactivités, de santé… Tout comme les pistes traditionnelles du développement sont à revisiter (attraction d’investissements étrangers, par exemple), les nouvelles pratiques doivent être questionnées. En quoi celles-ci sont porteuses pour l’avenir ? Quelles sont leurs limites ?
D’autres initiatives cherchent à donner aux communautés des outils pour transiger avec les conséquences de la mondialisation. Ainsi, le mouvement Villes et villages en santé (à l’instigation de l’OMS) pénètre des quartiers urbains en crise comme Saint-Michel à Montréal, ou des régions du Québec comme l’Abitibi. Le développement durable des Agendas 21 issus du Sommet de la terre de Kyoto influence depuis des municipalités, par ailleurs interpellées par l’urgence de développer des politiques familiales. Des rencontres internationales en développement local s’organisent et les organisations qui en font la promotion s’y retrouvent en grand nombre. Assistons-nous peu à peu à l’émergence d’un nouveau mouvement citoyen à la fois local et international qui mise sur l’empowerment des communautés locales et la démocratie de proximité pour renouveler l’État social ? Comment les choses se présentent-elles ailleurs dans le monde (en Europe et dans les sociétés du Sud) ? Comment, dès lors, le développement des communautés peut-il investir cette situation pour appuyer le processus d’empowerment des collectivités locales et de leurs acteurs ? En somme, où en est rendu aujourd’hui le développement des communautés au Québec et par où passe l’avenir des régions ?
Telles sont les questions que les conférencières et conférenciers auteurs ont abordées dans le colloque (voir le programme en annexe). Dans ce document, on retrouve quelques textes qui témoignent des questionnements, des hypothèses et des réflexions qu’a suscités le thème suggéré.
Pour les membres du Comité organisateur :
Yvan Comeau, Université Laval
Jacques Caillouette, Université de Sherbrooke
Louis Favreau, Université du Québec en Outaouais
... Voir la suite