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C'est en 1990 que le premier cercle d'emprunt voit le jour à Montréal sous l'initiative du Centre d'innovation en développement économique local-Grand-Plateau (CIDEL-GP). À l'origine cette CDÉC met en application le Programme des Cercles d'emprunt en s'inspirant du modèle de la Banque Grameen au Bangladesh, une institution de microcrédit, qui offrait dès 1976 la possibilité aux plus démunis d'avoir accès à des petits prêts.
Les Cercles d'emprunt fournissent du financement pour des projets de travailleurs autonomes et de très petites entreprises. Au Québec, on retrouve, 10 ans après la fondation du premier, une vingtaine d'organisations de ce type regroupés au sein du Réseau québécois des Cercles. L'objectif du réseau est de promouvoir le modèle des cercles en cherchant entre autres à assurer une source de financement stable pour des montants variant entre 500 $ et 2000 $. Les organismes porteurs qui sont situés dans plusieurs régions du Québec auront permis à 1 345 personnes de participer à des formations. Sur ce nombre, 406 ont démarré leur entreprise, alors que 344 entreprises sont en période d'incubation. Cent soixante et une personnes ont trouvé un emploi, 76 sont retournées aux études et 358 ont été référées à d'autres ressources de leur communauté.
Neuf des cercles porteurs sont situés sur l'Île de Montréal. Huit de ces cercles sont représentés au sein d'un réseau, Inter-Cercles de l'Île de Montréal qui est incorporé depuis mars 1998. Inter-Cercles a comme mission de soutenir les organismes porteurs des cercles d'emprunt, d'appuyer le réseautage entre les organismes et de développer des outils pour améliorer les services à la population. Les organismes porteurs des cercles d'emprunt s'adaptent donc aux spécificités et aux volontés locales, l'objectif ultime étant le remodelage du tissu social. Les cercles d'emprunt s'adressent aux personnes de 18 ans et plus dont les revenus sont précaires et qui n'ont pas accès aux prêts des institutions financières. Un cercle d'emprunt rassemble 4 à 7 personnes qui se rencontrent régulièrement pour s'entraider et définir leur projet de micro-entreprise. Dans un premier temps, elles doivent arriver à développer une confiance mutuelle. La cohésion du groupe est donc privilégiée.
Avant de démarrer en tant que tel un cercle d'emprunt, les participants ont une formation d'une durée de huit sessions offerte par l'organisme porteur. Outre le développement de la confiance mutuelle, cette formation permet à chacun d'identifier comment "prendre sa place dans l'économie", ce qui peut se traduire par un emploi autonome, par un emploi rémunéré ou par d'autres activités telles des études. Cette étape permet donc aux individus de réaliser s'ils veulent démarrer leur micro-entreprise, mais aussi elle leur permet de développer des méthodes de recherche d'emploi. Cela constitue alors un"cercle stratégique" qui associe chercheurs d'emploi et travailleurs autonomes. Une fois le cercle constitué, l'organisme porteur assure un suivi individuel et collectif, même si les cercles sont autonomes. L'organisme est donc là pour supporter ces derniers.
Les Cercles d'emprunt de Montréal (CEM) accordent des prêts ne dépassant pas 2 000 dollars à des individus qui sont à 30 % des travailleurs autonomes. Toutefois, ces petits prêts peuvent servir de levier pour obtenir des prêts plus important de la Caisse d'économie des travailleuses et travailleurs de Québec ou encore de l'ACEM. Au cours de la dernière année étudiée (1999), la totalité des prêts avaient été remboursés alors que 57 emplois ont été créés par 41 entreprises en émergence. Actuellement, 109 entreprises sont accompagnées dans le cadre des CEM. Le succès de la formule s'explique en partie par une approche misant sur deux types de réseaux, les réseaux de solidarité et les réseaux d'alliances stratégiques. Pour offrir des services sur mesure, les CEM ont créé des équipes volantes avec d'autres organismes dont les Carrefours jeunesse emploi (CJE), les Services d'aide aux jeunes entrepeneurs (SAJE) et les Corporations de développement économique communautaire (CDÉC). De plus, les membres des CEM peuvent bénéficier directement des services de leurs partenaires : la Fondation du Maire de Montréal pour la jeunesse, la firme de consultants Frappier, Saint-Denis et associés, Emploi-Québec, l'ACEM et la Caisse d'économie des travailleuses et des travailleurs (Québec). De 1997 à 1999, les CEM disposaient d'une capitalisation de 405 000 $ provenant du Fonds de lutte contre la pauvreté par la réinsertion au travail. Les autres partenaires permettent aux CEM d'avoir également accès à d'autres sources de financement.