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Insertion sociale


Defourny, Jacques, Louis Favreau, et Jean-Louis Laville (1998). Insertion par le travail: Contribution à un économie plurielle? Chaire de recherche en développement des collectivités, Série Recherches, no. 9,Université du Québec en Outaouais, 31 pages.


Le présent texte s'adresse à tous les intervenants sociaux qui veulent sortir des sentiers battus. Il remet en cause un travail social qui se cantonne dans le hors travail. Il met également en perspective le travail d'intervention dit d'"employabilité" mis en oeuvre par de nombreux organismes communautaires autour de trois scénarios: 1) celui de l'"employabilité" travaillant à la formation d'une économie intermédiaire (entre le chômage et le monde du travail); 2) celui de l'"employabilité" oeuvrant à la constitution d'un secteur d'utilité sociale; 3) celui de l'"employabilité" favorisant la construction d'une économie solidaire par de nouveaux rapports entre économie et territoire. Il ouvre également la voie à la revision critique des politiques publiques d'insertion par un regard d'ensemble sur de nombreux pays européens tels le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Autriche, la France, la Suède, la Belgique, l'Espagne et l'Italie. Il s'interroge finalement sur la contribution des initiatives d'insertion à la construction d'une économie plurielle.

L'insertion par l'économique n'est pas une réalité figée. Elle émerge d'un croisement d'initiatives locales avec des politiques publiques plus ou moins adéquates, plus ou moins expérimentales, plus ou moins innovatrices. En toile de fond une décennie, les années 90, décennie marquant l'aggravation d'un effritement du salariat qui se traduit par la persistance d'un chômage de masse ou par la précarisation et la paupérisation d'une partie de la population active.

Pour le dire de façon simplifiée, la société se divise de plus en plus en trois grands groupes: les salariés qui occupent un emploi à durée indéterminée régi par un statut de droit commun; un volant de main-d'oeuvre situé aux marges de l'emploi, du chômage et de la formation; les chômeurs qui se retrouvent pour certains dans l'inactivité de longue durée. Ce phénomène majeur des économies développées situe l'ampleur du défi qu'affrontent les expériences d'insertion par l'économique nées pour l'essentiel dans les décennies 70 et 80 où le contexte s'avérait bien différent. Compte tenu que la "crise" n'apparaît plus comme un dérèglement passager, cette conclusion s'attache à cerner le champ des possibles, à partir des tendances à l'œuvre, en indiquant trois orientations conférant chacune une place différente à l'insertion par l'économique et à la nouvelle économie sociale.

Les régulations socio-économiques propres à l'insertion par l'économique, tant dans le fonctionnement interne que dans les rapports avec l'environnement, ne sont pas encore stabilisées. Cependant l'insertion par l'économique a dépassé le stade expérimental et plusieurs types de régulation peuvent être dégagés à partir de trajectoires observées. Il ne s'agit donc pas de classer des pratiques nationales mais d'accentuer certains traits présents dans celles-ci pour préciser des hypothèses d'évolution soumises au débat. Trois directions peuvent ainsi être prises : la formation d'une économie intermédiaire, la constitution d'un secteur d'utilité sociale et la construction de nouveaux rapports entre solidarité et territoire.

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