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L'objectif général de cette recherche est de vérifier par une recension des écrits scientifiques disponibles (en langues française et anglaise) si, et éventuellement dans quel sens, les politiques sociales actives influencent le "bien-être" de leurs destinataires.
De façon plus précise, l'accent est mis sur les politiques et mesures actives se rapportant aux "conditions de vie" suivantes : l'emploi, le revenu, le logement et l'éducation (incluant la scolarisation et la formation). Ces "conditions de vie" sont retenues, entre autres, parce qu'elles sont identifiées comme prioritaires dans la Politique de la santé et du bien-être (PSBE) adoptée par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec au début des années 1990 (MSSS, 1992). Bien que ce champ d'intérêt soit relativement vaste, d'autres "conditions de vie" connexes à celles identifiées ici (ex. vie de quartier, environnement social, contacts inter-culturels) seront abordées au sein de cette recension dans la mesure où elles peuvent affecter le "bien-être" des destinataires de l'intervention. Cela dit, tous les écrits recensés dans ce rapport tombent sous la rubrique du "social actif" et font donc référence à des politiques ou à des mesures qui possèdent les caractéristiques décrites précédemment.
Il est connu que la notion de "bien-être" n'est pas facile à définir de manière précise et tangible. Elle renvoie à un nombre et à une diversité de facteurs qui rendent presque vain tout effort visant à proposer une définition qui ferait l'unanimité. Dans le cadre de cette recension, le "bien-être" des destinataires de l'intervention fera principalement référence aux "problèmes" d'adaptation et d'intégration sociales identifiés dans la PSBE. Il s'agit, par exemple (pour une énumération plus complète, voir MSSS, 1992 ou consulter la section 4 de la "grille d'analyse" annexée au présent rapport), de : l'abus sexuel, la négligence, la délinquance, la violence faite aux femmes, l'itinérance, l'alcoolisme, l'intégration sociale des personnes âgées, les situations de handicap pour les personnes avec incapacités, les problèmes de santé mentale... Ici aussi, d'autres aspects du "bien-être" pourront être abordés dans la mesure où ils sont plus ou moins connexes à ceux identifiés dans la PSBE (ex. estime de soi, compétences parentales, socialisation, stigmatisation) et où ils sont, bien sûr, explicitement évoqués dans les écrits recensés.
Sans avoir la prétention d'y apporter des réponses complètes et définitives, puisqu'une bonne partie de ces politiques et mesures sont en voie de mise en oeuvre, ne sont en place que depuis quelques années ou n'ont fait l'objet d'aucune évaluation rigoureuse, cette recension vise à fournir des éléments de réponse à plusieurs questions. Par exemple :
-que sait-on des effets du "social actif" sur le bien-être de ses destinataires?
-quels efforts fait-on pour vérifier l'existence de ces effets?
-ces effets sont-ils observables et mesurables ou s'ils ne sont que présumés?
-sont-ils forcément positifs?
-se manifestent-ils à court, moyen ou long terme?
-quelles sont les caractéristiques des destinataires qui y semblent le plus ou le moins réceptifs?
-quelles sont les facteurs ou les conditions d'intervention qui contribuent ou qui nuisent à l'efficacité du "social actif"?
-y a-t-il un lien direct entre d'une part les coûts et les efforts déployés et, d'autre part, la teneur et l'ampleur des résultats obtenus?
Il va de soi que plusieurs de ces questions resteront sans réponse pour une bonne partie des thèmes abordés ou ne se verront proposer que des éléments de réponse partiels, insatisfaisants, préliminaires, etc. Bien que frustrante à l'occasion, force est d'admettre que cette situation découle de la nature même d'un travail comme celui-ci. De fait, une recension d'écrits scientifiques permet certes de faire le bilan du savoir sur un sujet précis, mais elle sert également à identifier les principales lacunes et faiblesses qui caractérisent ce champ de connaissance. Il est donc tout à fait normal et prévisible que cette recension ne puisse satisfaire totalement nos attentes en qui a trait à la connaissance de l'impact du "social actif" sur le bien-être de ses destinataires. Ce travail aura déjà valu l'effort s'il permet d'appréhender le principe du "social actif" d'une manière plus réaliste et s'il aide à en départager les aspects les plus prometteurs et ceux qui relèvent de la conviction ou même de l'idéologie. Rappelons à ce propos que le principe de l'"activation" jouit assez spontanément d'un préjugé favorable et que cette situation ne prédispose peut-être pas à en "évaluer" les effets avec tout l'effort d'"objectivité" souhaitable.
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