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Solidarité internationale
Par où une mondialisation équitable passe-t-elle aujourdhui ? Malgré la déroute des projets de grande envergure (capitaliste, socialiste et « développementiste ») et même si la mondialisation néo-libérale représente indiscutablement une tendance forte et durable, le rapport des forces en présence nest pas à sens unique pour autant. La conjoncture internationale est en effet incertaine et instable. Ce qui signifie que les mouvements sociaux, en sappuyant sur une analyse lucide de cette conjoncture et en faisant des choix stratégiques éclairés, peuvent tirer parti dune situation plus multicentrée quà lépoque de la Guerre froide. Comme en témoigne la mobilisation des organisations non gouvernementales internationales (ONGI) au cours de la dernière décennie, par exemple lors des nombreux sommets et conférences organisés par lONU (Rio, Beijing, Copenhague ) ou en réaction aux négociations sur la finance et le commerce internationaux (Seattle, Washington, Prague ), ou encore lors de forums sociaux mondiaux (Porto Alegre 2001, 2002, 2003 et Mumbai en 2004), la société civile se fait davantage entendre aujourdhui sur la scène mondiale. Avec les années 1990, nous avons donc assisté à un regain de la contestation sociale au plan international et à linternationalisation et à la transnationalisation (1.) de réseaux, dorganisations et dentreprises collectives. Aujourdhui, ces réseaux et notamment les ONGI sont en outre de plus en plus aptes et décider à participer activement aux grands débats économiques et sociaux. Prenant appui sur une recension des travaux francophones et anglo-saxons des dernières années touchant cette question, cette rubrique cherchera à dégager les principales lignes de force de cette nouvelle conjoncture politique internationale dans laquelle des mouvements sociaux ont aujourdhui une part active après avoir été dans une situation plutôt défensive. Il y a donc de nouveaux acteurs inscrits dans des démarches de solidarité internationale : des entreprises et des organisations professionnelles, des municipalités et des associations de solidarité internationale Ce qui permet d'avoir des opérateurs variés permettant dengager des projets plus structurants qu'aucune des composantes à elle seule ne peut engager: à côté et souvent avec- les organisations syndicales, les coopératives, les groupes de femmes, les groupes écologiques, des services techniques de villes, des artisans et des agriculteurs, des industriels, les métiers de la santé, des services sociaux et de l'éducation, etc. Cette pluralité d'acteurs permet également de fournir un soutien polyvalent aux initiatives de développement, tout autant dans ses dimensions économiques d'aide à la création d'entreprises et de partenariats industriels que sociales de développement de services de proximité en matière de santé, d'éducation, de logement, de sécurité alimentaire, etc.
(1.) La distinction entre les notions d' " internationalisation " et de " transnationalisation " renvoie au fait qu'une part (internationalisation) du processus de la mondialisation se fait avec la participation active ou passive des États, et donc dans le respect de leur souveraineté, alors qu'une autre part (transnationalisation) de ce processus leur échappe partiellement ou totalement (par exemple, certains flux démographiques, culturels, religieux, communicationnels). À ce sujet, voir Badie et Smouts, 1999.
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