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Pratiques et politiques des institutions internationales

Une bonne partie du monde est aujourd’hui « multicentrée ». En parallèle à la participation des États, des entreprises multinationales et des grandes institutions économiques internationales à la mondialisation en cours, des forces sociales agissent soit en opposition ou soit en cohabitation active avec certains États et plusieurs institutions sociales et culturelles de l’ONU. Leur présence est loin d’être négligeable même si elles sont moins organisées et fort diverses. Il s’agit d’abord d’un ensemble d'associations (les ONG nationales et internationales) dont les plus actives, au cours des dix dernières années, ont œuvré en faveur de causes comme l’environnement, la condition féminine, les droits humains, le développement international et les conditions de travail. Ces forces sociales peuvent généralement compter sur la collaboration, voire le soutien, d’agences internationales liées à l’ONU dont la « sensibilité sociale » est plus évidente et dont l’ouverture à des stratégies de développement local et d’économie sociale et solidaire par exemple semble beaucoup moins aléatoire que celle des grandes institutions économiques comme la Banque Mondiale. C’est le cas notamment du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), de l'Organisation internationale du travail (OIT), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Simultanément le pouvoir des grandes organisations économiques internationales (FMI, Banque mondiale et OMC) est de plus en plus contesté. La thèse à laquelle elles adhèrent toutes est à l’effet que, pour faire du développement, il faut d’abord construire des marchés performants. Les institutions sociales et politiques nécessaires pour les faire fonctionner correctement verront le jour et se consolideront subséquemment. Comme c’était déjà le cas dans les années 60 et 70, cette thèse tend à assimiler les notions de croissance et de développement. Or, de plus en plus de pays en voie de développement, de mouvements sociaux, de militants et d’intellectuels contestent la capacité de ces institutions à maîtriser l’économie mondiale sur la base de telles théories et les nombreux problèmes découlant des politiques mises en œuvre dans le sillage des programmes d’ajustement structurel (PAS) ne cessent d’alimenter cette contestation. C’est cet ensemble de questions qui seront ici examinées d’un peu plus près.

 

Site en Développement International de la Chaire de recherche en développement des collectivités (CRDC)