Les 24 et 25 septembre derniers, la Conférence internationale a accueilli, en provenance des quatre coins du monde, près de 450 participants et participantes impliqués activement au niveau du développement international.

Aux nombreux participants et participantes, aux 58 conférenciers et conférencières, aux nombreux bénévoles et au comité organisateur : Merci d'avoir fait de cet événement un succès.

À SUIVRE: 3 publications issues de la Conférence internationale seront en ligne bientôt pour télécharger. Il s'agit :

Consultez également l'article tiré du journal Le Devoir du vendredi 8 août 2003 intitulé UNE AUTRE MONDIALISATION EN MARCHE? par Louis Favreau

Du Forum social mondial de Porto Alegre (2001, 2002, 2003) et bientôt celui en Inde (2004) en passant par les rencontres de l'Alliance pour un monde pluriel, responsable et solidaire, les Rencontres du Réseau mondial des acteurs du développement local durable, le Réseau international "femmes et économie solidaire", les Rencontres internationales d'économie sociale et solidaire du réseau Lima/Québec/Dakar (2005) et plusieurs autres, un mouvement citoyen international a commencé à se faire entendre mais surtout à s'organiser sur ses propres bases pour animer et construire des alternatives à la mondialisation néolibérale. Au SUD comme au NORD, des ALTERNATIVES se dessinent : Quelles sont-elles? Qu'annoncent-elles pour l'avenir de la planète? Quelle force réelle représentent-elles? Quelle portée ont-elles et peuvent-elles avoir face à la tendance lourde du néolibéralisme?

En ces temps d'incertitudes (de gouvernance mondiale en crise, de fatigue de l'aide publique au développement, de catastrophes écologiques appréhendées…), en ces temps de guerres au nom de la démocratie et du développement, mais aussi en ces temps de recherche au sein des mouvements sociaux du passage d'une position d'"anti-mondialisation" à une posture d'"alter-mondialisation", il est impératif d'approfondir les questions liées à la mondialisation (est-elle et peut-elle être équitable ou pas?), à la "société civile" (est-ce un paravent du libéralisme ou une nécessité pour nos sociétés au NORD comme au SUD?), à la "démocratie" (autre paravent des élites libérales ou condition-clé d'avancement des sociétés?) et au "développement" (instrumentalisation occidentale des pays du SUD ou droit et aspiration des peuples au SUD comme au NORD?).

Les choses se présentes rarement en termes aussi abruptes. Précisons et nuancons les termes du débat de cette conférence internationale qui réunira des représentants de mouvements et d'institutions de pays d'Afrique, des Amériques et d'Europe.

Les programmes d'ajustement structurel (PAS) du FMI ont ouvert une brèche dans les modèles de développement déjà présents dans les pays du Sud, ce qui a durement secoué les États et les populations qui en ont subi le contre-coup. On a alors assisté à la montée en puissance d'une économie informelle. Mais la société civile a réémergé en donnant naissance à des innovations économiques et sociales de création de richesses. Ce faisant, ces innovations auraient favorisé -cela reste à voir- la transformation de l'économie des espaces délaissés par le développement économique dominant. Moins durement bouleversées mais néanmoins touchées, les sociétés du Nord ont aussi vécu des transformations (crise de l'emploi, crise de la production de services collectifs dans les communautés…) qui ont amené à la remise en question de leur modèle de développement..

Économie populaire et développement des territoires, économie sociale et économie solidaire, développement local et régional, démocratie participative… sont quelques-unes des pratiques nouvelles qui ont donné lieu à des thèmes majeurs qui ont alors émergé dans le cadre d'une redéfinition des anciens contrats sociaux nationaux (au Nord et au Sud) et des politiques de certaines institutions internationales (BIT, PNUD…) comme réponses à la mondialisation néolibérale . De fait, ces thèmes viennent ainsi rejoindre ceux de l'annulation de la dette des pays les moins avancés (PMA), de la réforme de l'ONU et surtout des institutions financières internationales, de la lutte pour la taxation des flux financiers, de l'accès à tous aux services de base (accès à l'eau potable, services sociaux et de santé, services d'éducation…).

Des thèmes socio-économiques adossés à d'autres plus socio-politiques traduisent de nouvelles dynamiques d'acteurs collectifs, lesquels s'appuient notamment sur des mouvements associatifs, coopératifs et syndicaux, des ONG, des gouvernements locaux et des associations de producteurs: regroupements villageois, municipalités mettant en oeuvre des politiques de décentralisation ("budgets participatifs", "conseils de quartier"…), finances solidaires, nouvelles mutuelles d'épargne et de crédit ou mutuelles de santé, nouveaux services de proximité, réseaux locaux d'entrepreneurs (TPE et PME), diasporas devenus agents de développement de leur pays d'origine, nouvelles formes de coopération internationale (plus décentralisée, plus partenariale)…

La conférence internationale que nous tiendrons veut ainsi servir de levier pour mieux comprendre les nouveaux enjeux et les nouvelles stratégies de développement de ce début de 21e siècle qui surgissent à partir d'innovations économiques et sociales issues de communautés locales, de gouvernements locaux ou même d'États en réponse à des besoins locaux et à cette mondialisation néolibérale, bref à l'impératif de nouvelles régulations par le bas qui se développent en interface avec ces mêmes États. Organisée sur deux jours, la conférence abordera les thèmes suivants :

1. Mondialisation, société civile, États, démocratie et développement : les enjeux actuels au Nord et au Sud

2. La contribution des initiatives économiques populaires et du développement des territoires (communautés) au développement:
a) les expériences innovatrices en Amérique latine

b) les expériences innovatrices en Afrique de l'Ouest

c) les expériences innovatrices en Europe et en Amérique du Nord

3. Les mutations du travail et les innovations dans la création d'emplois, la formation de la main d'œuvre et la gestion des ressources humaines dans les entreprises (privées ou collectives)

4. Les nouvelles formes de coopération internationale (Nord-Sud et Sud-Sud) et le développement

5. La contribution des mouvements sociaux (de la société civile) au développement et les nouveaux réseaux internationaux d'économie sociale et solidaire, de développement local et de développement durable