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Une dynamique de classe multiculturelle

Étudiants en développement international à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), nous avons décidé de compléter notre baccalauréat avec un stage à l’international avec un organisme non gouvernemental (ONG). SOPAR est établi à Gatineau et œuvre dans le développement communautaire en Inde depuis 1977. Nous avons été séduits par leur approche auprès des individus qui consiste à les aider à s’aider eux-mêmes. Dans cette optique de développement participatif et durable, Bala Vikasa, sa division en Inde, propose de la formation autant aux gens de la communauté qu’aux étudiants internationaux.

De 9h à 17h chaque jour, nous sommes donc en classe avec 30 autres inconnus. Ayant tous des personnalités fortes, ils ont comme ambition de parfaire leurs outils de travail afin d’être de meilleurs agents de changements. La formation complète bien celle dispensée par l’UQO dans le sens ou elle est beaucoup plus pratique et concrète. Nous participons à beaucoup d’ateliers comme si nous travaillions au cœur d’une ONG indienne et nous faisons quelques visites sur le terrain.

Toute une expérience de communication!

Au Canada, avec nos parents, amis et collègues, nous nous heurtons parfois à des problèmes de communication. Et pourtant, nous parlons tous la même langue, provenons souvent du même milieu social et avons les mêmes repères culturels. Imaginez maintenant la communication au sein de notre classe alors que six pays y sont représentés : le Sri Lanka, le Bangladesh, l’Inde, le Canada, l’Afrique du Sud, ainsi que le Népal. Ceci implique six cultures, plusieurs religions, plusieurs expériences de terrain différentes, une pluralité de langues et sans oublier une grande différence d’âge. Les travaux d’équipe sont donc une redoutable expérience et demandent à puiser dans nos réserves de patience, de tolérance et de compréhension.

Ainsi, les quiproquos ne sont pas rares. Par exemple, les participants de l’Inde oscillent la tête pour manifester leur assentiment : au Canada, ce signe signifie l’incertitude. Également, les Asiatiques sont très pointilleux et exigeants envers eux-mêmes. Lors des discussions de groupe, on peut passer beaucoup de temps à trouver le bon mot et la bonne réponse, au détriment du respect du temps. N’ayant pas ce souci de la perfection, les Canadiens sont plutôt orientés vers la productivité et l’obtention de résultats.

Ces discussions en équipe remettent également en question notre individualisme occidental. Peu habitués de se toucher physiquement entre nous, nous avons généralement une grande bulle d’intimité. En Orient, les hommes se touchent beaucoup entre eux, ce qui est un signe d’amitié : c’est souvent interprété différemment par les Occidentaux.

Ainsi, ma majeure en communication à l’UQO m’a beaucoup aidé à dépasser ces entraves à la discussion. En équipe, j’ai toujours fait attention d’inclure tous les membres. Certains ne maîtrisent pas la langue anglaise alors nous devions souvent traduire et y aller d’un rythme plus lent. Également, quand la discussion tournait en rond, il fallait soit changer de sujet, soit trouver un consensus. Ma formation à l’UQO m’a donné les outils pour faire face à ces défis culturels, notamment l’ouverture d’esprit qui est une qualité primordiale pour ceux qui œuvrent dans le milieu du développement communautaire.

Je conseille à tous ceux qui le peuvent de participer à un stage à l’international dans le cadre de votre cheminement scolaire. Cette formation en Inde avec SOPAR est offerte trois fois par année et est l’équivalent de deux cours dans la mineure en développement international. C’est une opportunité incroyable de réaliser l’importance du travail sur le terrain d’un organisme de chez nous, de se créer un réseau de contacts internationaux et, surtout, d’élargir sa vision du monde.

 

Les participants internationaux ont joué à de nombreux jeux tels que le chat et la souris version indienne avec les orphelins de Mission India.

Andrée-Anne Paradis-Julien, étudiante à l’Université Laval et Mathieu Larocque et Pascale de Montigny, étudiants à l’Université du Québec en Outaouais, ont visité Gengadevipally, un village modèle de développement communautaire participatif où l’agriculture est à la base des revenus.

Des centaines de veuves de différents villages ont partagé leur quotidien avec les étudiants internationaux : moments éprouvants et touchants.

Véronique Gervais, étudiante à l’UQO, représente le Canada lors d’un travail d’équipe avec des participants de l’Afrique du Sud et de l’Inde.

 

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